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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Libertés, vie privée, surveillance > Liberté de la presse en 2008 : la répression se déplace sur Internet | |
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lundi 5 janvier 2009 , par RM Imprimer cet article | Cet article au format PDF Dans son bilan annuel, Reporters sans frontières observe une baisse du nombre de journalistes arrêtés ou tués (60 au lieu de 86 en 2007). Cette baisse masque « une généralisation de l’intimidation et de la censure ». Ainsi, la baisse du nombre de morts en Afrique (3 en 2008, 12 en 2007) s’expliquerait surtout par le renoncement de nombreux professionnels à exercer leur métier. Reporters sans frontières observe que la répression s’exerce de plus en plus sur Internet. "L’accroissement de l’influence et des potentialités d’Internet s’accompagne d’une plus grande vigilance de certains gouvernements, aux tendances sécuritaires déjà fortes. Les pays répressifs se dotent chaque année de nouveaux outils, permettant le traçage des données et la surveillance du Réseau. Ce dernier devient peu à peu le champ de bataille des citoyens au regard critique ou des journalistes censurés, et à ce titre représente une menace pour les puissants, habitués à gouverner selon leur bon vouloir et dans l’impunité" explique l’association. La répression se déplace sur Internet « L’année 2008 a connu moins de journalistes des médias traditionnels tués ou arrêtés. Mais la situation de la liberté de la presse dans le monde ne s’est pas améliorée pour autant : désormais, à mesure que la presse écrite et audiovisuelle se transforme et que la blogosphère prend une envergure mondiale, la prédation s’exerce sur Internet. A cet égard, les chiffres sont parlants. Pour la première fois, un homme a été tué en 2008, alors qu’il effectuait un travail de "journalisme citoyen" : l’entrepreneur chinois Wei Wenhua a été battu à mort par des officiers municipaux ("chengguan"), le 7 janvier, après qu’il avait filmé une altercation avec des manifestants dans la ville de Tianmen (province du Hubei). Des actes de censure sur le Web ont été recensés dans trente-sept pays, notamment en Chine (93 sites censurés), en Syrie (162 sites censurés) en Iran (38 sites censurés). Mais les démocraties ne sont pas en reste, en ce qui concerne la surveillance et la répression du Net : en Thaïlande ou en Turquie, les tabous du roi ou de l’armée sont si tenaces que la police surveille et punit de plus en plus les utilisateurs indélicats du cyberespace. Les sites de partage de vidéos, comme Youtube ou Dailymotion, ont été particulièrement visés par les censeurs officiels. Blocages ou filtrages sont de plus en plus courants, dès lors que l’un des contenus est jugé "offensant" pour telle ou telle autorité. Cette réaction épidermique de certains gouvernements envers les sites "collectifs" commence à entraîner des phénomènes de "censure de masse", notamment des réseaux sociaux. La censure d’un site comme Twitter (en Syrie) ou Facebook (bloqué en Syrie et en Tunisie, filtré en Turquie et aux Emirats arabes unis) entraîne une cascade de blocages qui, s’ils étaient ajoutés aux mesures de contrôles habituelles, multiplieraient le résultat par dix. La prison est, enfin, la réponse de plus en plus souvent apportée par les gouvernements aux critiques formulées dans les blogs. Dix cyberdissidents ont été arrêtés en Chine, 31 ont été agressés ou menacés, au moins trois condamnés par la justice. En Iran, Reporters sans frontières a recensé dix-huit arrestations, 31 agressions et dix condamnations. En Syrie (8 arrestations, 3 condamnations), en Egypte (6 arrestations) ou au Maroc (2 arrestations, 2 condamnations), la libre expression sur Internet est très problématique. La machine à broyer la liberté d’Internet a été particulièrement sévère en Birmanie, où la junte a fait condamner, dans des conditions honteuses, le blogueur et comédien Zarganar et le jeune cyberdissident Nay Phone Latt à des peines de prison incroyablement lourdes (59 ans pour le premier, 20 ans pour le second). Ces deux hommes ont rejoint les nombreux autres prisonniers politiques birmans, dont 16 journalistes. » Liberté de la presse : l’année 2008 en chiffres
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