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Vous êtes ici : Accueil > Dossiers et débats > Le Parti socialiste : lexique, congrès, motions, contributions > Congrés de Reims Novembre 2008 > Congrés PS 2008 : Le théme de la "société de la connaissance ouverte" se fraye une voie dans les contributions générales | |
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vendredi 4 juillet 2008 , par Maurice Ronai, Benoît Thieulin Imprimer cet article | Cet article au format PDF Les Congrès sont l’occasion, tous les trois ans, de faire le point sur la prise en compte de nos préoccupations - numériques et technotropes- par le Parti socialiste. De deux manières. a) Les questions liées au numérique et à Internet sont elles abordées ? Par qui ? Au détour d’une phrase ? Expédiées en quelques lignes ? Ou donnent elles lieu à des développements ? b) Comment elles sont abordées, sous quel angle ? Internet et le numérique sont abordés de maniére significative dans 7 contributions générales : celles du Pôle écologique, de Martine Aubry, de Bertrand Delanoé, de la Ligne Claire, de la Meurthe et Moselle, d’Unité et Refondations(s) et de Ségolène Royal. Dans un contexte pré-Hadopi, on relèvera les propositions ouvertes de Martine Aubry, de Laurent Fabius, du Pôle écologique et de la Meurthe et Moselle. ![]() On observe une progression depuis 2003 (Dijon) et 2005 (Le Mans). ![]() Passons sur la contribution du Pôle écologique, à laquelle plusieurs miltants de temPS réels ont participé. Martine Aubry : "Une vision pour espérer, une volonté pour transformer". La contribution de Martine Aubry accorde une large place aux enjeux numériques. On y trouve ce constat : "Ce n’est pas seulement d’accès à la culture dont il faut parler mais aussi de la maîtrise des outils et du partage de cette maîtrise. Aujourd’hui, et pas seulement au travers d’Internet, l’accès à la connaissance est beaucoup plus éclaté, dans des réseaux décentralisés, non hiérarchisés." Le paragraphe consacré à la politique culturelle propose de " favoriser la création d’emplois culturels en développant les entreprises à vocation culturelle. Ceci passe en particulier par un plan d’ensemble pour soutenir la création de « start- up » dans les domaines à fort développement technologique tout en accompagnant la mutation vers le numérique, mais également par un investissement dynamique dans nos laboratoires de recherche et nos universités trop coupées de la sphère culturelle." La contribution de Martine Aubry consacre surtout un paragraphe entier aux "Générations internet" "Enfin, comment ne pas clore ce chapitre sans parler d’internet. Les technologies numériques et internet ouvrent un extraordinaire espace de libertés. Les moyens considérables investis par les dictatures pour contrôler le net sont sans doute à la mesure de l’ampleur de ces libertés nouvelles. Jamais autant d’informations, de connaissances et de créations n’ont été accessibles à un aussi grand nombre d’individus. Chacun peut désormais exprimer son opinion sur les affaires du monde, apporter ses connaissances, mais aussi rendre accessibles ses productions, personnelles ou professionnelles. Des groupes d’individus situés aux quatre coins de la planète peuvent désormais se constituer, échanger, coopérer et agir ensemble simultanément. Il en va pour internet comme dans d’autres domaines : le bénéfice que sauront tirer les sociétés de ces nouvelles libertés dépendra beaucoup de la pertinence des politiques qui seront conduites. Les chantiers sont nombreux et les réponses actuelles ne sont pas à la hauteur de ceux-ci. La France n’a pas su pleinement tirer parti du formidable potentiel économique et d’emplois lié à la révolution numérique. Nous ne devons pas rater la prochaine vague d’innovations. Nous devons agir sur tous les leviers : place dans l’enseignement supérieur et la recherche, pôles de compétitivité, filière logiciels, levier de la commande publique pour les PME, « business angels ».... Sur le plan culturel, la criminalisation des internautes est une impasse doublée d’un total contresens : ce que recherchent les internautes qui copient des CD ou des DVD, plus que les contenus eux-mêmes, c’est partager des émotions et échanger des savoirs. Bien sûr, dans un contexte nouveau où le numérique permet de copier les œuvres à l’identique et le net de les diffuser à l’infini (P2P), il faut trouver des solutions pour assurer le financement de la création et la rémunération des artistes. Mais, alors que le débat se focalise sur cette question, la priorité n’est-elle pas d’aider le web à devenir réellement ce formidable outil, qu’il est fondamentalement, de démocratisation de l’accès à la création et à la diffusion pour des millions de personnes. Martine Aubry aborde de front la question des échanges non-commerciaux et non-autorisés d’oeuvres sur les réseaux. Elle tranche avec netteté ce débat dans un sens favorable aux nouveaux usages. "Le soutien à la création numérique ne doit pas non plus être négligé. La question de la création d’une bibliothèque numérique européenne nous paraît également essentielle. Nous l’avons dit, le web est aussi un enjeu majeur dans l’Education Nationale pour mettre en œuvre des pédagogies innovantes et adaptées à chaque élève. La e-administration doit devenir une réalité, pour améliorer les services rendus aux usagers, et gagner en efficacité. Enfin, l’accès de tous au numérique doit rester une exigence absolue, qui est loin d’être acquise. Il doit être assuré tant physiquement (développement des réseaux), que financièrement (coût abordable) et socialement (apprentissage du maniement d’un ordinateur et de la navigation sur le web notamment pour les moins jeunes...). Le rôle de l’Etat est aussi de mettre en place les régulations qui permettent de protéger les internautes contre les dérives : obligation de systèmes de mise en place de limitations d’accès pour les mineurs, protection contre l’exploitation commerciale des données personnelles, protection des consommateurs contre les abus des opérateurs (limitation de la durée des abonnements à un an renouvelable, dénonciation des ententes illégales entre opérateurs, gratuité des services d’assistance...)." Gérard Collomb - Jean-Noël Guérini - Vincent Feltesse - Manuel Valls : "La ligne claire" La ligne claire consacre un chapitre entier à la révolution numérique. "Entrer dans la révolution numérique Les bouleversements introduits par le numérique et les réseaux renouvellent la capacité d’action de l’Etat et des collectivités publiques et leur permet de nouvelles relations avec les citoyens et les usagers du service public. Pourtant, au cours de la décennie écoulée, l’échelon national, qu’il s’agisse de la majorité en place ou du Parti socialiste, a abordé le numérique en général et Internet en particulier comme une menace et non pas comme une opportunité. Services aux personnes, aux entreprises, mutualisation des connaissances et des expériences entre administrations, débat public, c’est en région que le numérique est rentré dans le quotidien. Ce sont les territoires, régions, départements et communes qui se sont appropriés le numérique pour ce qu’il était : un outil, un matériau, ni intrinsèquement bon ni intrinsèquement mauvais. Internet c’est comme le béton, cela dépend de ce qu’on choisit d’en faire : la Sagrada Familia ou une prison haute sécurité. Pendant que les censeurs et les Big Brothers de tous ordres se déchainaient au niveau national, les régions entraient sans éclat et de façon pragmatique dans la révolution numérique ; les collectivités territoriales sont aujourd’hui les porteurs de l’administration électronique - et c’est à juste titre qu’elles se plaignent de l’absence de l’Etat à leurs côtés (1). De l’urgence de réduire une double fracture 89% des cadres supérieurs disposent d’un ordinateur à la maison, 82% sont connectés à Internet ; la proportion passe à 61% et 38% pour les ouvriers (2). Cette différence n’est pas seulement le reflet des différences sociales, elle marque un retard de la France dans l’appropriation du numérique : seulement 56% des foyers sont connectés à Internet en France (classée 11ème sur 15 pays européens) contre 76% au Danemark, 73% en Suède, 63% au Royaume-Uni, 61% en Allemagne (3). Cette fracture n’est pas non plus uniquement sociétale, elle est également territoriale : de nombreuses zones blanches où l’ADSL n’est pas accessible subsistent, et si les chiffres officiels font état de 3% des foyers non raccordables ou ne disposant pas d’un débit « utile » (estimé à 1 Mégabits ou plus), notre pratique en région nous montre qu’elle est sans doute beaucoup plus importante, avoisinant vraisemblablement les 10%. Les collectivités locales sont les mieux à même d’agir sur cette double fracture, qu’il s’agisse de l’équipement des ménages ou du déploiement des réseaux ; reste à l’Etat à leur en donner les moyens, par exemple à travers la création d’un fonds de concours qui aurait pour objet : · d’aider les publics les plus défavorisés à entrer en possession d’un équipement informatique et à lui donner accès au haut débit à travers un abonnement à tarif social ; · de résorber les zones blanches rémanentes par une participation au financement des réseaux territoriaux d’initiative publique". Les auteurs de cette contribution abordent la question en élus : sous l’angle des infrastructures et de la fracture numérique. A noter cependant un coup de griffe appuyé au Parti socialiste qui, comme la majorité en place a abordé le numérique en général et Internet en particulier comme une menace et non pas comme une opportunité. Vincent Feltesse, l’un des 4 premiers signataires, secrétaire national adjoint aux TIC, avait participé au rapport Rocard. Bertrand Delanoë : "Clarté, courage, créativité : choisir maintenant pour agir demain La contribution de Bertrand Delanoé reconnait avec force la contribution des technologies numériques à l’avènement d’une société de la connaissance ouverte. "Les technologies numériques et Internet ont ouvert un extraordinaire espace de libertés : libertés de s’exprimer, d’accéder à l’information et au savoir, mais aussi de créer et d’innover. Cette société de la connaissance ouverte, que les socialistes appellent de leurs vœux, transforme en profondeur les relations entre militants, sympathisants et citoyens." Ce passage reprend les termes mêmes de l’amendement à la déclaration de principes du PS proposé par temps réels. Il relie les problématiques de citoyenneté et de démocratie avec celle de la société de la connaissance. Le diagnostic sur l’impact culturel du numérique rejoint celui des organisations professionnelles de la musique et du cinéma : le numérique sert essentiellement à financer la création culturelle : "Contribuer à l’émergence d’un nouveau modèle de rémunération des auteurs et des artistes qui amène les puissants acteurs de l’Internet et de la téléphonie mobile à financer la création culturelle de la même façon que la télévision finance la production cinématographique depuis 25 ans, répondre ainsi pour partie à la crise actuelle de la diffusion culturelle. Bertrand Delanoé reproche tout de même à la droite de n’avoir " pas pris la mesure des enjeux démocratiques et économiques de la révolution numérique en cours, qui génère une multiplication des supports de diffusion, une diversification des usages et de nouvelles possibilités d’interactivité". Les propositions restent assez convenues :
Frédéric Léveillé, Charles Fiterman, Pascal Joseph,George Pau-Langevin, députée de Paris : Unité et Refondation(s) Cette contribution consacre un chapitre entier à "Une société ouverte de la connaissance", très proche des réflexions de temps réels. "Le 20 Avril 2007, dans Le Journal du Net, Nicolas Sarkozy avait pris un certain nombre d’engagements ayant trait à l’économie numérique lors de la campagne présidentielle (36 au total). Force est de constater, un an après, que bon nombre de ces engagements ont rejoint les limbes, voire prennent une tournure inquiétante : ainsi le projet de « riposte graduée », celui de décret visant à étendre les obligations en matière de rétention des données de connexion, ou la création du passeport biométrique, malgré l’avis défavorable de la CNIL. Face à ce constat, où en sommes-nous, nous socialistes ? Il est paradoxal de constater que le Parti Socialiste, conscient dès 1992 de l’impact qu’aurait la « Révolution informationnelle » (Congrès de l’Arche), ait mis autant de temps à intégrer ces enjeux dans sa réflexion et son logiciel. Pourtant, les socialistes ont pris depuis de nombreuses initiatives allant dans le sens d’une prise en considération croissante de l’importance du numérique dans notre société sous le gouvernement de Lionel Jospin ou par l’intermédiaire des députés européens socialistes qui ont lutté contre la brevetabilité des logiciels. Conscients des enjeux stratégiques évidents du numérique, tant sur le plan économique que sociétal, nous ne devons pas laisser de côté cet espace, car, si le développement des technologies numériques et de l’Internet ouvre de fantastiques perspectives en termes d’accès et de diffusion de la connaissance, d’expression des libertés, celui-ci ne peut et ne doit se faire que dans un cadre démocratique, et les pouvoirs publics ont la responsabilité de garantir ce cadre. Aussi nous semble-t-il essentiel que les socialistes affirment leur volonté de promouvoir cette société de la connaissance ouverte, notamment en misant sur les standards ouverts, l’interopérabilité, sur l’emploi des logiciels libres, des outils coopératifs, et certainement pas en établissant un partenariat privilégié avec un éditeur, exclusivement... Enjeux politiques, sociétaux, économiques et culturels, le numérique est un espace que les socialistes doivent occuper, comprendre et maîtriser pour le faire évoluer dans un sens ouvert et démocratique. Au-delà, rappelons encore une fois le rôle essentiel des investissements dans la recherche et le développement pour redynamiser l’économie, et de ce fait restreindre les crédits alloués aux institutions de recherche, comme le fait l’actuel gouvernement, s’avère être économiquement une aberration. Pour un socialisme du 21ème siecle en france Contribution des adhérents de la Fédération du Parti Socialiste de Meurthe-et-Moselle Cette contribution consacre un chapitre entier à la culture numérique "La révolution informatique et numérique est une solide réalité qui s’appuie sur la technologie la plus puissante du moment, qui est l’un des vecteurs de la mondialisation et qui creuse le fossé entre les générations. Le numérique permet beaucoup : la diffusion d’informations, la communication quasi instantanée et à grande échelle, la découverte et la pratique de formes d’expressions sonores, visuelles, audiovisuelles et virtuelles. Il a ouvert une forme de démocratie et une économie spécifiques. La politique socialiste de la culture se doit d’ accompagner cette révolution pour qu’elle profite au plus grand nombre. A l’école, si l’on a les salles et les ordinateurs, il reste encore à former une bonne partie du personnel enseignant pour le mettre au diapason de la réalité. Assistants d’éducation et autres emplois jeunes d’hier peuvent y contribuer. De leur côté, les élèves doivent pratiquer systématiquement l’ordinateur dans des expériences pédagogiques à généraliser. Au collège, au lycée et à l’université, des équipes pédagogiques multidisciplinaires pourront porter les projets conjuguant arts numériques, langue française, mathématiques et autres savoirs. La création de blogs et la possibilité de disposer d’une adresse personnelle de messagerie sont utiles, dans la limite des filtrages institutionnels. Il paraît aussi indispensable de favoriser le téléchargement, gratuit pour l’usager, de films, musiques, œuvres numériques, textes. Ce sont la réglementation et le financement en amont des droits d’auteur, ainsi que la création d’un Service public du numérique alimenté par le dépôt légal des archives, qui doivent seulement relever de la politique culturelle d’un gouvernement socialiste ." Ségolène Royal : "Combattre et proposer" Ségolène Royal s’était singularisée par des prises de position assez courageuses sur les enjeux numériques. Cette fois, elle est assez nettement en retrait. Ses propositions concernent essentiellement l’enseignement et s’inspirent d’initiatives qu’elle a prises ou qu’elle envisage dans sa Région. "Permettre à tous les jeunes d’avoir accès à internet et à la culture. Redonner aux Français le pouvoir d’agir sur leur vie, c’est aussi leur donner accès à toutes les formes d’expression artistique et aux moyens modernes de communication. Tout élève entrant en classe de 6ème se verra prêté un ordinateur portable. À terme, le Wifi devra être installé dans tous les collèges et lycées". S’agissant du PS, elle propose qu’il organise des " forums sur Internet." La plupart des autres motions sont muettes ou quasi-muettes sur le sujet. La palme revient à Utopia qui n’evoque Internet que sous l’angle des addictions : "Aux notions freudiennes de psychose/névrose s’ajoutent les phénomènes d’addiction/ dépression liée à la privation d’objets devenus indispensables : addiction à la voiture puis à la télévision pour la génération précédente, addiction à l’informatique et à l’Internet pour les générations actuelles, addiction aux téléphones portables et aux jeux vidéo pour les plus jeunes." Mention spéciale à Moscovici-Montebourg qui préconisent une télévision sur Internet pour le PS et à tous ceux qui n’évoquent Internet qu’au travers de "l’explosion de la bulle internet"...
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