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Google et yahoo en Chine : la campagne de RSF commence à porter ses fruits
dimanche 14 mai 2006

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La campagne que Reporters Sans Frontières (RSF) mène depuis deux ans et demi pour sensibiliser politiques, medias et investisseurs aux pratiques des sociétés informatiques et Internet en Chine commence à porter ses fruits.

Une société de gestion française a signé le manifeste des investisseurs proposé par RSF en novembre 2005.

Meeschaert est la première société de gestion ISR française à signer la déclaration sur la liberté d’expression et Internet,

La liberté d’expression est un droit universel que les entreprises ont le devoir de respecter, quel que soit le pays où elles exercent leur activité. Certaines entreprises aident les autorités, dans les pays répressifs, à censurer et surveiller Internet, et d’autres ferment les yeux sur l’usage qui est fait de leur équipement ou de leur technologie.

Nous appelons les entreprises du secteur d’Internet à adopter et rendre publics des codes d’éthique qui garantissent leur engagement pour la liberté d’expression et définissent leurs obligations pour la soutenir. Les investisseurs doivent pouvoir évaluer la manière dont chaque entreprise intervient pour s’assurer que ses produits et services ne sont pas utilisés pour attenter aux droits de l’homme (notamment les produits et services permettant la censure d’Internet, la surveillance et l’identification des dissidents).

Son ralliement porte à 32, le nombre d’investisseurs signataires qui jusque là étaient pour l’essentiel des Nord-américains. Ils pèsent ensemble 24 milliards de dollars.

Cette première contribution française qui date du 27 févier 2006, est une source de réjouissance pour Julien Pain, chargé de la campagne « Internet sous surveillance » au sein de RSF, mais elle n’est pas la seule.

« Nous travaillons avec les parlementaires américains sur un projet de loi qui a été déposé courant février et a une chance d’être adopté. Ce texte reprend, dans les grandes lignes, nos propositions La double pression des parlementaires et des actionnaires porte ses fruits ! »

Début 2006, les entreprises visées par la campagne - Google, Yahoo !, Microsoft, Cisco, Fortinet et Secure Computing- ont été prises en étau. Jusque là, la campagne médiatique expliquant qu’elles avaient mis en place des systèmes facilitant l’exercice de la censure sur Internet par les autorités chinoises n’avait rien donné.

Mobilisation législative et gouvernementale

A la mi- février 2006, un comité de la chambre des représentants américaine a auditionné quatre des six entreprises concernées , Google, Yahoo !, Microsoft et Cisco, ainsi que la représentante de Reporters Sans Frontières à Washington, sur les violations de droits de l’homme dont ces compagnies se rendent complices en Chine.

Lors des auditions, elle ont été plutôt malmenées, accusées de se comporter comme des fonctionnaires du gouvernement chinois. La ligne de défense de Yahoo !, qui a communiqué aux autorités chinoises des éléments permettant l’arrestation et la condamnation de cyber-dissidents, a été de dire, qu’en Chine comme aux Etats-Unis, elle n’a pas le pouvoir juridique de ne pas répondre aux requêtes des autorités.

Leurs témoignages devraient contribuer à mobiliser le Congrès pour adopter le projet de loi, actuellement en discussion, qui prévoit diverses mesures sur la présence des sociétés Internet dans les pays à régime autoritaire. Il consiste, entre autres, à les obliger à installer leurs serveurs informatiques en dehors de ces pays.


En savoir plus Sociétés Internet en Chine : le législateur américain intervient

Des fonds d’investissement et des cabinets d’analyse financière s’engagent à surveiller l’activité des entreprises du secteur de l’Internet dans les pays répressifs


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