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Spécial Hauts-de-Seine : le Sarkoland au dessus des lois ?
LETTRE TEMPS RÉELS N° 88
vendredi 3 février 2006

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Mauvais climat dans les Hauts de Seine.

Depuis longtemps.

Dans ce département longtemps présidé par Charles Pasqua, le RPR a pris de mauvaises habitudes. Pasqua a finalement cédé la présidence du Conseil général à Nicolas Sarkozy, qui depuis juin 2005 cumule cette présidence d’un département de 1,4 million d’habitants avec le ministère de l’Intérieur.

Sous la protection du ministre de l’Intérieur, les proches de Nicolas Sarkozy prennent de singulières libertés avec les lois de la République.

L’un de ses principaux conseillers politiques à l’UMP, le député-maire UMP d’Asnières, Manuel Aeschlimann, mène une guérilla judiciaire contre ses opposants : pas moins de 12 procès contre le blog asnierois.org. Pire encore : Manuel Aeschlimann a contribué à déstabiliser Mayetic, une entreprise de 23 salariés, effet collateral d’une “guerre privée” qu’il mène contre depuis plusieurs années contre une Fondation basée à Asnières. Au coeur de la controverse : des fausses “notes blanches” des Renseignements Généraux qui présentent cette Fondation laïque comme sectaire.

A rapprocher des méthodes musclées de la députée-maire de Puteaux, Joelle Ceccaldi-Raynaud, qui poursuit Christophe Grébert et le blog monputeaux.com en justice. Le procès se tient aujourd’hui.

Des méthodes qui rappellent aussi celles de Patrick Balkany à Levallois-Perret ou encore de Philippe Pémezec au Plessis-Robinson, etc.

Dans les Hauts-de-Seine comme ailleurs, les blogs sont souvent en première ligne.

temPS réels


Christophe Grébert dans le collimateur de la députée-maire de Puteaux

Christophe Grébert passe en jugement aujourd’hui, 3 février 2006, devant la 17ème chambre, en même temps que Le Parisien. Tous deux sont poursuivis pour diffamation, à la suite d’une plainte déposée par la mairie de Puteaux. Celle-ci reproche au Parisien d’avoir publié un article la mettant en cause dans une affaire d’attribution de marché public... Elle reproche à Christophe Grébert d’avoir reproduit sur son blog un court extrait de cet article dans le cadre de sa revue de presse quotidienne ! Le but de la manoeuvre est malheureusement trop clair : faire fermer MonPuteaux.com.

La majorité municipale UMP de Puteaux a puisé dans le budget de la ville pour attaquer Christophe Grébert : près de 50.000 euros ont été dépensés jusqu’ici.

Grâce à la médiatisation de cette affaire, au soutien de nombreux internautes et des socialistes de Puteaux et des Hauts-de-Seine, Christophe Grébert peut se défendre. Lors de la rencontre Politique 2.0, Christophe Grébert a lancé l’idée d’un regroupement des blogueurs locaux, au sein d’une association nationale dont l’objectif serait de les représenter et de défendre leurs intérêts.

On se rappellera que Joëlle Ceccaldi-Raynaud, maire de Puteaux, est la suppléante à l’Assemblée nationale de Nicolas Sarkozy, ce qui lui a d’ailleurs permis de faire traîner en longueur sa démission quand ce dernier a voulu récupérer son siège, contre “plusieurs petites choses” (Le Parisien, 1er janvier 2005).

Puteaux est particulièrement peu gâté puisque depuis des mois : ses habitants assistent à l’ahurissante guerre entre Joëlle Ceccaldi-Raynaud et son père Charles, qui lui avait transmis son siège et veut maintenant reprendre la mairie. Le père et sa fille ne communiquent plus que par lettres ouvertes et accusations croisées.

Mayetic dans le collimateur du député-maire d’Asniéres

La société Mayetic créée en 1996, connue pour son logiciel et son site web d’espaces de travail collaboratif gratuit mayeticvillage.net, a été placée en liquidation judiciaire le 13/12/2005.

Ce dépôt de bilan fait notamment suite à une campagne médiatique diffamatoire et à un appel au boycott orchestrés contre elle et son président, M. Bruno de Beauregard. (...) Des enquêtes menées par des journalistes spécialisés semblent accréditer la thèse selon laquelle M. Manuel Aeschlimann, député- maire UMP d’Asnières-sur-Seine et proche conseiller de M. Nicolas Sarkozy, serait à l’origine de la rédaction d’une note “blanche” des RG accablante pour le Président de l’entreprise et qui a mené à sa perte la société Mayetic (Carte de Presse, Libération). Celui-ci reprocherait en réalité à M. Bruno de Beauregard une activité associative en matière d’urbanisme un peu trop encombrante pour sa mairie. Ce procédé est d’autant plus scandaleux que M. Sarkozy avait promis à son arrivée Place Beauvau qu’il n’y aurait plus de note “blanche” (sans signature) des RG dont le seul but est généralement de rendre service à certains hommes politiques. la suite sur : http://www.petitiononline.com/justmay/

Sur le site 01net : Mayetic ferme boutique

Sur son blog, le fondateur de Mayetic s’explique Liquidation Mayetic - Qu’on ne se trompe pas de débat !

Pourquoi tant d’acharnement contre une Fondation parisienne ?

Libération : A Asnières, la musique soufie n’adoucit pas le maire

L’Express : le spécialiste français du travail collaboratif a été placé en liquidation judiciaire.

Asnières : douze procès en un an et demi pour www.asnierois.org

Depuis sa création en décembre 2003, soit en un an et demi, le blog www.asnierois.org a déjà fait l’objet de douze procès en diffamation. Il suffit que les blogueurs s’étonnent dans un article que Bouygues Immobilier, spécialiste de gros travaux collectifs qui travaille pour la ville, fasse de la publicité dans « Asnières info », le magazine municipal... et le procès tombe. Des attaques permanentes qui sont de véritables atteintes à la liberté d’expression et à la démocratie, selon les responsables de l’association gestionnaire du blog : « A travers la loi sur la diffamation, on cherche à faire fermer un site, analyse encore Philippe Vassé. C’est une attaque contre la démocratie car les villes disposent de plusieurs moyens de communication sur lesquels elles peuvent jouer et nous d’un seul où les administrés ont la parole. » Article paru dans Le Parisien , mercredi 22 juin 2005

Asnierois.org a publié une liste de l’ensemble des décisions judiciaires concernant Asnières. Visiblement, son député-maire est un maniaque du papier bleu.

La communication (du maire d’Asnières) est véritable rouleau compresseur : pas moins de sept magazines municipaux, des réverbères utilisés comme supports des messages de l’hôtel de ville « alors que le préfet l’interdit » , un site internet, un blog et un marketing « communautariste dans les périodes électorales, s’insurge le PS. Il envoie des courriers ciblés selon l’origine, les racines ou la religion des électeurs ». Quant aux panneaux d’affichage, ils sont exclusivement squattés par la majorité : « Dès que nous collons nos affiches dans un espace réservé à l’expression d’opinion, un service municipal vient le retirer » , assure l’un des rédacteurs du site contestataire www.asnierois.org Pire, selon l’opposition : le maire empêche la démocratie locale de s’exercer. Le conseil municipal n’est réuni qu’une fois par trimestre, le minimum légal. Et encore, les conseillers municipaux d’opposition ne reçoivent les dossiers que quelques heures avant. Impossible, dans ces conditions, de se préparer correctement.

Un entrepreneur de 33 ans place Manuel Aeschlimann « sous patrouille citoyenne ». Il donne rendez vous chaque semaine sur son blog pour faire le point sur l’affaire

Hauts-de-Seine : le royaume de la vidéosurveillance

Le Parisien a publié un palmarès de la vidéosurveillance dans les Hauts-de-Seine.

Avec ses 76 caméras supplémentaires, Puteaux arrivera en tête avec 101 caméras, loin devant Colombes 48 et Levallois 42. Puteaux sera aussi la ville qui aura la plus forte densité de caméras à l’hectare à savoir plus de cent appareils pour 300 hectares ! C’est plus du double d’une ville comme Colombes qui avec ses 48 caméras couvre 800 hectares.

Campagne électorale sous vidéosurveillance à Asniéres

Le 25 février 2004, en pleine campagne des régionales, Francis Pourbagher, le directeur de cabinet de Manuel Aeschlimann, député-maire (UMP) d’Asnières-sur-Seine, pénètre dans la salle de vidéosurveillance de la police municipale, qui abrite une trentaine de caméras. Il demande à visionner deux endroits de la ville, dont la place des Bourguignons, où se trouvent un arrêt de bus et une cabine téléphonique. « Il voulait prendre sur le fait les militants en train de placarder des tracts ou des photocopies d’articles de presse défavorables au maire, accuse un opposant à la majorité. Voilà comment on fait de la politique à Asnières, et voilà comment on détourne les moyens publics à des fins partisanes. » (...) Dans un rapport, dont Libération détient une copie, le brigadier-chef en charge de la salle de vidéosurveillance s’est offusqué de cette pratique. Ce 25 février, le policier découvre la présence de Francis Pourbagher et écrit : « Je l’informe qu’il n’est pas normal qu’il se permette (...) de pénétrer dans la salle de vidéosurveillance sans informer qui que ce soit. Qui plus est, en présence d’une personne étrangère au service et n’ayant absolument aucun droit de visionnage. Immédiatement M. Pourbagher me répond en ces termes : “C’est moi le patron ici !” » Lorsque le policier informe Francis Pourbagher qu’il ne peut pas prétendre « être le patron de la police municipale », le fonctionnaire explique qu’il est « le représentant de monsieur le député-maire. Qu’il a carte blanche en ce qui concerne les services municipaux ». “Campagne sous surveillance à Asnières”, Libération, 6/04/2004

Nicolas Sarkozy : le mélange permanent des genres

Etrange situation : Nicolas Sarkozy-ministre de l’Intérieur contrôle le Préfet, chargé de contrôler la légalité des décisions du Conseil général présidé par Nicolas Sarkozy. La conseillère municipale socialiste (et blogueuse) Nadine Jeanne révele sur son blog que Nicolas Sarkozy possède encore des parts dans le cabinet de son ancien associé Maître Claude, un avocat spécialisé en droit immobilier et en droit des affaires. Ce cabinet travaille régulièrement pour la Mairie de Puteaux entre autres pour des procédures d’expulsion. C’est également Maître Claude qui a été choisi par l’office HLM de la ville de Puteaux pour obtenir l’expulsion d’une famille de cinq enfants de la résidence des rosiers.

Blogs dans les Hauts-de-Seine

http://www.mon92.com, un blog collectif alimenté, au jour le jour, par des citoyens des Hauts-de-Seine, réunis par Benoît Marquaille du Plessis-Robinson et Christophe Grébert de Puteaux.

http://www.monputeaux.com

http://www.asnierois.org/

http://www.monsuresnes.com/

http://colomblog.over-blog.com/

http://www.ps92.com , le blog du groupe socialiste au conseil général

http://www.pieuchot.net , conseiller municipal à Issy-les-Moulineaux

http://www.josephdion.com , secrétaire de la section PS d’Issy-les-Moulineaux

http://www.gouriet.com , conseillère générale de Chatillon

http://www.philippesarre.com , conseiller général de Colombes

http://www.marielauremeyer.com , conseillère régionale et maire-adjointe de Nanterre

http://philippelacroix.canalblog.com/ , maire adjoint de Nanterre

http://sebpietrasanta.skyblog.com/ , conseiller régional et conseiller municipal d’Asnières

http://www.benoitmarquaille.net , conseiller municipal du Plessis-Robinson


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A suivre, en 2006...

Mobilisation contre la DADVSI

Blogs : dix élus et militants socialistes témoignent

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