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Howard Dean, le parti démocrate et la high tech
lundi 14 février 2005

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La victoire de l’ancien candidat à l’investitute démocrate s’est appuyée notamment sur le soutien indirect de la base démocrate, à travers des dizaines de sites et de blogs.

Aux Etats-Unis, le Parti démocrate a confié les rênes du Democratic National Comittee (DNC) à Howard Dean.

Le Comité national démocrate (DNC) assure essentiellement une fonction d’organisation et de collecte de fonds.

-  La désignation de Dean est un signe, parmi d’autres, que le Parti démocrate se remet en ordre pour jouer son rôle de parti d’opposition (plan de réforme du système des retraites, 150 coupes budgétaires annoncées par la Maison-Blanche, notamment dans les programmes sociaux), préparer les élections de 2006 et surtout celles de 2008.

-  Dean s’est imposé face à six autres candidats, qui ont progressivement renoncé à maintenir leur candidature.

Howard Dean a mené une campagne efficace au sein d’un parti totalement désemparé.

Il a d’abord tenté d’effacer son image de libéral (au sens américain : très à gauche) et de franc-tireur auprès des leaders démocrates. Puis, il a promis de reproduire l’une de ses principales réussites de sa campagne à l’investiture démocrate du début 2004 : attirer les jeunes électeurs, motiver ses troupes démocrates et utiliser Internet comme outil de communication et de financement.

Enfin, il a promis de contribuer au paiement des salaires des employés du parti démocrate dans chaque Etat.

-  L’aile centriste du Parti démocrate n’est donc pas parvenue à imposer son candidat face à Dean.

La confédération syndicale AFL-CIO a décidé, de son côté, de rester neutre.

-  Naturellement, la campagne pour l’élection du DNC s’est faite pour une large part en ligne :

Site de Donnie Fowler
http://www.changetheparty.com/

Site de Martin Frost
http://www.martinfrost.com/

Site de Howard Dean
http://www.democracyforamerica.com/

-  La base démocrate a pesé, cette fois, sur la désignation du Président du DNC. Un rôle indirect car ce ne sont pas les militants qui élisent le Président du DNC mais un collège de leaders démocrates locaux.

La base démocrate s’exprimait pour une large part à travers des dizaines de sites et de blogs : Dont le blog du parti démocrate, kicking ass ("botter le c...).
http://www.democrats.org/blog/

-  Naturellement, MoveOn, avec ses 3 millions d’abonnés, a pesé sur la désignation du président du DNC, même si MoveOn ne soutenait pas officiellement Howard Dean

Un mois après la défaite, MoveOn avait envoyé un courrier électronique à ses membres de MoveOn, resté mémorable. Ce courrier dénonçait les "losers professionnels" de la direction du Parti démocrate :

"Depuis des années, le parti est conduit par une élite d’insiders de Washington qui sont plus proches des lobbyistes du monde économique que de la base démocrate".

MoveOn appelait carrément les démocrates à reprendre le contrôle du parti démocrate. "We bought it, we own it, we’re going to take it back".

-  Nouveau et intéressant :

Parmi les 7 candidats, trois ont fait valoir leur connaissance intime des technologies de l’information et leur capacite à en tirer parti pour collecter des fonds (financement des campagnes) mais aussi pour rénover le fonctionnement du Parti démocrate.

Howard Dean avait démontré, lors de la campagne des primaires, qu’Internet, les blogs, les logiciels sociaux (Meetup), les outils d’aide à la construction de sites et de communautés (les "Deanspace", devenus entre temps les Civicspacelabs), constituaient désormais l’équipement de base d’une campagne électorale.

Lire, à ce sujet, le livre de Joe Trippi, ex-directeur de campagne de Howard Dean : "The revolution will not be televised : democracy, the internet and the overthrow of everything".

En face de Howard Dean, deux jeunes responsables politiques démocrates, Simon Rosenberg (New Democratic Network) et Donnie Fowler, ont mis en avant leur connaissance des technologies de l’information et leurs "connexions" dans les milieux de la high tech.

Simon Rosenberg a fait campagne sur la modernisation du parti démocrate. Simon Rosenberg, 41 ans, était l’une des interfaces entre le parti démocrate et les entrepreneurs de la Silicon Valley. Avec l’appui de deux capitaux-risqueurs, John Doerr et Andy Rappaport, il avait organisé la collecte de fonds auprès des chefs d’entreprise de la Silicon Valley pour les campagnes de Bill Clinton et d’Al Gore.

"The Internet has enabled us to have a more intimate, direct relationship with people than ever before". "I want those people to be partners, not just donors. I don’t want the DNC to be just a building - I want it to be a community of millions of people."

Donnie Fowler est un "political strategist" démocrate. Agé de 37 ans, il a dirigé la campagne de Kerry dans le Michigan.

Lui aussi connaît bien les technologies de l’information : il a travaillé à la Federal Communications Commission (l’autorité de régulation des télécommunications et de l’audiovisuel). Il a été directeur adjoint de TechNet, un réseau de 250 PDG qui promeut les intérêts des entreprises de l’informatique et de l’internet.


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